Publié depuis Eklablog
Le deuxième numéro du nouvel Art et Poésie paraît avoir trouvé un équilibre plus satisfaisant entre poèmes et reproductions d'œuvres plastiques; c'est également une bonne idée que d'illustrer certains textes.
On lira dans ce numéro plusieurs poèmes primés aux divers concours régionaux, et on découvrira dans les premières pages tous les renseignements sur le prochain congrès à Vézelay, ainsi que quelques échos - qui pourraient peut-être à l'avenir être développés - sur les activités des délégations régionales, dont la nôtre.
ÉCHOS DU CONCOURS
DAPHNÉ
Le Bernin - Apollon et Daphné
Daphné
Quand j’ai fui, mourant d’épouvante,
L’âpre étreinte du dieu de feu
Qu’un désir impudent tourmente,
Nature, te crois-tu clémente
Pour m’avoir, docile à mon vœu,
Sous l’écorce enclose vivante ?
(L'un des "Sizains métamorphiques" du recueil Marginalia)
DAPHNÉ
Avant elle, ses pieds ont fui, bondi son sang;*
Leur frénétique effort de roc en roc transporte
Un corps tremblant, et l'effarement qui l'escorte
Étouffe jusqu'aux cris du cœur incandescent.
Pourquoi frémir qu'un dieu, dont la lyre consent
À fredonner l'écho fervent des amours mortes,
Pose contre sa peau des mains chaudes et fortes
Et courbe vers sa chair un front resplendissant?
Dans l'élan fou de l'animal qu'on décérèbre,
Elle a fui la clarté cruelle à ses ténèbres:
Le dieu retient ses pas, soit pitié, soit ennui,
Quand l'Érinye, à l'âme que l'effroi calcine,
Ouvre l'ombre des bois, une écorce, et la nuit
Où mûrit le regret de l'étreinte divine.
(Sonnet extrait du recueil Marginalia)
*Première irrégularité: dans la poésie classique, "sang" ne peut pas rimer avec des mots qui se terminent par -ent.
D'autres rimes irrégulières plus bas: décérèbre/ténèbres, ennui/nuit.
NÉFERTITI
NÉFERTITI
« Sans craindre steppe ni savane
Ni du désert les cieux ardents,
Au pas lourd de la caravane
Qu’assiègent les simouns stridents,
Blottie en ses voiles flottants,
Si gracieuse et si menue
Dans la fleur de ses dix-sept ans,
Jusqu’à nous la Belle est venue !
Bouche pourpre et chair diaphane,
Jais du regard, nacre des dents,
Si pour elle un roi ne se damne,
Tous nous serons ses prétendants :
Rose des sables qu’un printemps
Pour souveraine a reconnue
Et qu’acclament nos cœurs battants,
Jusqu’à nous la Belle est venue ! »
De cette extase courtisane
Se sont tus les cris obsédants,
Mais la mort en vain se pavane
Et rit de nous jouer perdants;
Sur la face aux fards éclatants
Dans sa nuit longtemps retenue,
Nos yeux se posent, exultants :
Jusqu’à nous la Belle est venue !
Toi qui, grisé des seuls instants,
Ne vois dans la grandeur que nue,
Songe bien qu’en dépit du temps
Jusqu’à nous la Belle est venue…
Ballade extraite du recueil Marginalia.
(Pour mémoire : « la Belle est venue » est la traduction littérale de « Néfertiti », originellement nommée Tadouchépa.)
EN MON JARDIN L'AUTAN
EN MON JARDIN, L'AUTAN... (sonnet estrambot)
Sa race qui palpite est celle des vainqueurs ;
L'autan en mon jardin, en habit de voilage,
Du chêne il anime le vivant assemblage ;
Virevoltant, tournoie : il dérobe les cœurs.
Plus ou moins amoureux - nul n'en vainc les vigueurs ! -,
- Elle aurait volontiers suivi son attelage ! -
Turbulent, en folie, il troubla la volage
Frissonnante rose de ses soupirs moqueurs !
Jaloux, se trémoussa le dahlia dans sa vasque ;
La pensée arbora comme à Venise un masque…
Décidément ému par la fragilité
De Rose parfumée, ambre blond légitime,
En son velours éclos, élégant tout l'été,
Il en fit choir, hautain, la garde-robe intime…
"Fleur étrange," dit-il venant de mon côté ;
Sur le point de souffler, sans égard, sur ma braise :
" Ni saveur, nulle odeur : je préfère la fraise ! "
Germaine CARTRO
SORÈZE LE 21 MAI

Être à la fois acteur et chroniqueur est une expérience particulière! Heureusement les photos parlent presque d'elles-mêmes.
Odorant bouquet d'œillets de poète apporté par Monique.
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Assistance de choix... |
...pleine de bienveillance - Anne-Marie Forestier et Monique André-Belmont-... |
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...et modèle de concentration - Catherine Delfortrie-Esquevin. |
Une lectrice qui n'avait qu'une peur: lasser... |
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...mais qui pouvait par chance faire alterner prose et poésie...
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...et compter sur la participation fidèle d'Anne-Marie Forestier aux textes pleins d'humanité et d'émotion... |
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...et qui eut en outre l'heur d'entendre un lecteur, Jean-Victor Esquevin, proposer le texte, naguère primé par la SPAF, de jeunes poètes. |
Ajoutons le soutien d'Aline Muscianisi, poète émérite, qui a (presque) promis de venir lire ses nouveaux poèmes en septembre...
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... et le partage de l'indispensable et joyeux goûter: on obtiendra l'image d'un après-midi délicieux (en tout cas pour moi). |
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Un grand merci à Roselyne Morandi organisatrice, hôtesse et photographe.
Prochain rendez-vous en poésie le 25 juin avec Olivier Gardel-Dubois.
UN FESTIVAL
UN ARTISTE ORIGINAL
C'est Jimi qui nous parle d'Armand de Montauban, c'est-à-dire d' Armand Taillé, artiste brut marginal, décédé il y a sept ans, dont les œuvres ont été exposées pendant un mois à la Maison du Crieur à Montauban.
Ci-dessous, le texte de la chanson composée par Jimi, chanson qu'on peut également écouter à l'adresse suivante:
https://www.youtube.com/watch?v=tUkFTLybWMc,
tandis qu'on trouvera un reportage le concernant à celle-ci:
https://www.youtube.com/watch?v=2AiqukbSk5k
On peut lire aussi plus bas un article qui lui est consacré.
ARMAND de MONTAUBAN
Auteurs divers : citations de Marie Jaulent, Noël L., Vincent Ligou, Geneviève Clamens,
Nonoko, Christian André-Acquier, J-P.F, Camille Tahar, Maurice Baux,
P.Mz, Philippe Troncy, Jean-Marc Bouysset
Compositeur : Jean-Marc « Jimi » Bouyssset
Sur sa mobylette les cheveux au vent
C’est lui Armand de Montauban
Chemise hawaïenne et pantalon blanc
C’est lui Armand de Montauban
Avec son éternel petit sourire en coin
Il vient te dire bonjour en te faisant « coin-coin »
Car il tutoie les anges de son âme d’enfant
Tout en sifflant, tout en gazouillant
Le geste et le regard quelque peu différents
C’est lui Armand de Montauban
Un chapeau de cow-boy, un costume trop grand
C’est lui Armand de Montauban
La vie n’a pas été tendre avec lui
Il a dû supporter tant de moqueries
Qu’il aspire au bonheur… éternellement
Même sans papa, même sans maman
C’est un artiste brut, un poème vivant
C’est lui Armand de Montauban
Il travaille à ses œuvres quotidiennement
C’est lui Armand de Montauban
On raconte qu’avant il était menuisier
Maintenant il expose sur tous les marchés
Ses sculptures et peintures… la plupart du temps
En sifflotant, en glougloutant
Il a les pieds sur terre, la têt’ dans les étoiles
C’est lui Armand de Montauban
Il agace nos tympans sur la Place Nationale
C’est lui Armand de Montauban
Mais voilà que vers la fin de l’été
La nouvelle fait le tour de la Cité
Il n’y a plus de doute cette fois
La basse-cour a perdu sa voix
La basse-cour a perdu sa voix…
Pour le dernier adieu on marche en gazouillant
Derrière Armand de Montauban
Il y a des amis, des discours applaudis
Et des coin-coins, et des cui-cuis
Armand pensait toujours ce qu’il faisait
Armand faisait toujours ce qu’il pensait
Alors on a posé sur les bouquets de fleurs
Des faux oiseaux qui picorent nos cœurs
Parfois je n’ai plus vraiment le moral
Et dans ce cas il vaut mieux que je bouge
Du côté de la Place Nationale
Je vais prom’ner mes lacets rouges
Pour retrouver un peu d’entrain
J’regarde la tête des passants
Quand je leur balance
Un petit coin-coin
A la manière d’Armand
Et toi si tu n’as pas trop le moral
Petit conseil, il vaut mieux que tu bouges
Du côté de la Place Nationale
Armand t’a laissé son fil rouge
Si tu recherches un peu d’entrain
Regarde la tête des passants
Quand tu leur balances
Un petit coin-coin
A la manière d’Armand
Alors n’hésitons pas
Suffit d’un p’tit coin-coin
Pour retrouver
Le sourire
d’Armand






















