Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

DAPHNÉ

Publié le par spaf mp

 

DAPHNÉ

Le Bernin - Apollon et Daphné

 

Daphné

Quand j’ai fui, mourant d’épouvante,

L’âpre étreinte du dieu de feu

Qu’un désir impudent tourmente,

Nature, te crois-tu clémente

Pour m’avoir, docile à mon vœu,

Sous l’écorce enclose vivante ?

 

(L'un des "Sizains métamorphiques" du recueil Marginalia)

 

 

 

 

DAPHNÉ

 

 

Avant elle, ses pieds ont fui, bondi son sang;*

Leur frénétique effort de roc en roc transporte

Un corps tremblant, et l'effarement qui l'escorte

Étouffe jusqu'aux cris du cœur incandescent.

 

Pourquoi frémir qu'un dieu, dont la lyre consent

À fredonner l'écho fervent des amours mortes,

Pose contre sa peau des mains chaudes et fortes

Et courbe vers sa chair un front resplendissant?

 

Dans l'élan fou de l'animal qu'on décérèbre,

Elle a fui la clarté cruelle à ses ténèbres:

Le dieu retient ses pas, soit pitié, soit ennui,

 

Quand l'Érinye, à l'âme que l'effroi calcine,

Ouvre l'ombre des bois, une écorce, et la nuit

Où mûrit le regret de l'étreinte divine.

 

(Sonnet extrait du recueil Marginalia)

*Première irrégularité: dans la poésie classique, "sang" ne peut pas rimer avec des mots qui se terminent par -ent.

D'autres rimes irrégulières plus bas: décérèbre/ténèbres, ennui/nuit.

 

 

 

 

Commenter cet article