CASTELSARRASIN 16 MARS
Poèmes et chansons à Castelsarrasin
Comme l'annonçait l'affiche, plusieurs auteurs de notre délégation ont été accueillis le samedi 16 mars à la Médiathèque de Castelsarrasin pour y fêter à leur façon les vingt ans du Printemps des poètes, proposer leurs variations sur son thème, la beauté, et donner un aperçu de leurs autres sources d'inspiration.
Et oui! Il existe encore quelques amateurs de poésie, qui, malgré la concurrence de diverses manifestations, sont venus nous écouter par cet après-midi ensoleillé; ils ont découvert en même temps, tout frais sorti des presses, le nouveau recueil collectif de notre délégation, composé comme chaque année avec soin et avec goût par Roselyne Morandi.
C'est ainsi qu'un public sensible à la qualité des textes a pu entendre Marilène Meckler, Jacqueline Escorihuela, Michelle Griscelli, Marie-José Bertaux, Guy Reydellet (et son alter ego Gaston Binvéria pris les mains dans le(s) sac(s)!), Loïc Jan et Richard Maggiore. Aux lectures de poèmes se sont mêlées plusieurs chansons de Jimi Bouysset, dont l'auditoire a pu apprécier la diversité, de l'humour du Ver luisant à la tendresse d'Elle est mon âme.
Un goûter convivial propice aux échanges est venu clôturer ce récital d'ouverture, qui préludait aux autres rencontres proposées par la S.P.A.F. Midi-Pyrénées pour ce Printemps des poètes 2019.
Texte : Marie-José Bertaux, Richard Maggiore
Photos : René Meckler, Richard Maggiore
ANNONCES DU 16 MARS
UN REGGAE POUR SYLVIE
Dans le cadre du vernissage de l'exposition de Sylvie Marty à Montauban (82) ce samedi 9 mars, Jimi, toujours inspiré, lui a composé une chanson - façon reggae ! - évoquant cette artiste, son art et son parcours.
A retrouver ici : trois coups de pinceau... (mettre la vidéo en plein écran afin d'en apprécier l'ensemble des informations).
Bonne écoute !
HUITAIN LOINTAIN...
« Huitain lointain sans tain certain »
La Beauté prend l’accent d’un aigu renouveau
Franchissant le miroir des canons séculaires
Nul écrin ne l’endort ni berceau ni caveau
Car le flou des soleils nourrit les raisons claires
Lis-moi sans hésiter jusqu’à l’écho naissant
De sons moins essentiels que leur image ultime
As-tu beau me fixer je m’efface en laissant
Sur ton coin de rétine un souvenir intime
(Guy Reydellet 03/03/2019)
GALETS HOMMAGES
IVRESSE DES HAUTEURS...
Ivresse des hauteurs à la tour du « rond »
J’ai souvent été bercé d’illusions par Gérard Majax. Ce prestidigitateur m’a fait apprécier les tours de magie. Et la tour de magie, proche de mon adolescence, se situe dans un quartier de Montauban. C’est la tour des liens du cœur, des magiciens du gobelet de verre. En quatre mots, la tour du « Rond ».
Cet immeuble est une structure assez moderne où l’amitié n’est pas hiérarchisée : juste une distribution aléatoire et fictionnelle du positionnement des résidents. Le hasard des rencontres est chronologique mais l’intensité ne se mesure pas en paliers… Dans ma mémoire, c’est la relation durable qui compte et bâtit sur les fondations de paroles tenues. Toute la saveur de mon ascension résidera dans la présence effective de mes nombreux amis répertoriés sur l’interphone grésillant.
Je souhaitais saluer un récent joyeux retraité, Gégé, qui n’habite qu’au cinquième. (Je vous narrerai les étages supérieurs dans une prochaine livraison pour dissiper tout malentendu ou « malbu » concernant d’autres compagnons de soif.) J’étais vanné de ma journée de transmission cognitive et l’appartement de mon gai luron me semblait un Everest urbain aux parois moins accessibles qu’un verre d’apéritif.
Au commencement, je déguste un léger rhum chez Thierry qui loge au rez-de-chaussée. Ce coup de fouet, sans orientation sexuelle, me remet du feu dans les jambes. Si Jérôme, le patron du café de Lagarde, avait été là, je lui aurais demandé un lait. « Un lait, Jérôme ! ».
Je parviens au premier étage où Jimi m’accueille pour une pause apéritive. A peine arrivé, je suis partant pour une petite téquila. Ma gorge est comme sa guitare : sèche. Prenant congé, j’atteins le deuxième étage où Vincent me sert un pastis généreux. Je sens mon harassement s’évaporer. Nous retournons vaquer à nos occupations et le tohu-bohu se transforme en tonus-bonus.
Au troisième étage, l’étiquette est floue. Des barres verticales et horizontales semblent indiquer le prénom de Marc. J’appuie sur la sonnette avec l’audace des optimistes. Marc m’invite à partager quelques minutes autour d’un Mojito bien dosé. Audacieux, c’est bien d’oser…
Je commence à ne plus sentir la fatigue générée par ma journée professionnelle. N’ayant pas perdu de vue mon objectif initial, je remercie Marc pour cet intermède chaleureux. J’évite un cactus farceur que mon hôte élève avec doigté. En apercevant les escaliers en colimaçon, je bénis mon gosier d’être un moins pénible labyrinthe… Je parviens laborieusement au quatrième étage où Philippe a sûrement entendu mes épaules heurter les murs de plâtre. Quelques éraflures blanchissent mon blouson de cuir marron. « Pimpin » me sert une bière rousse fraîche à souhait. Je vois pourtant s’éloigner le concept de fraîcheur en dénombrant de fréquentes auréoles sur ma chemise.
Et le temps d’essuyer la mousse généreuse sur ma moustache de cinq jours, je reconnais enfin le dernier bloc de marches avant l’étage de Gégé. L’étage de Gégé ? Ce n’est pas vraiment de laitages dont il m’entretiendra. Les degrés se concurrencent davantage : degrés d’alcool, degrés d’humour, degrés d’ascension. Ils ont cet effet sinueux de ralentir les réflexes.
Le cinquième étage me salue et je m’efforce de respecter ma trajectoire sans tituber. Je distingue un sourire malicieux, (sans doute appartenant à Gérard), qui m’attend sur le seuil. Quelques gouttes de sueur suspecte sur mon front l’inquiètent. Il me propose alors une vodka de collection que j’accepte comme un breuvage salvateur.
Gégé retire délicatement une épine de cactus plantée dans mon omoplate gauche. Tout en observant mon blouson éraflé, il m’affirme doctement que l’ascenseur est le meilleur et le plus inoffensif des…remontants !!!
Je vais y réfléchir avant de trinquer avec Rodolphe, au douzième étage. Je sais maintenant que la tour du « rond » est une chaîne ininterrompue de sobres visites amicales. «Je suis de l’ascenseur ce seul usager rare » tourne en boucle depuis deux jours. Certes, c’est un alexandrin mais il ne dit pas ce qui usa Gérard…
Gaston Binvéria
QU'ELLE EST BELLE ...
Qu'elle est belle cette vie,
A triturer les étoiles,
Et voir dans ces tracés
La folie des Hommes de Bien.
Qu'elle est tendre cette vie,
A goûter la sagesse de ceux
Qui, oubliant les règles d'en bas,
Ont découvert l'horizon des possibles.
Qu'elle est drôle cette vie,
Où les ombres ont perdu leurs semblables,
Et l'illusion des choses
Attire plus que la vérité du dedans.
Qu'elle est savoureuse cette vie,
A découper les pâtes de fruits,
Et les tremper dans le sucre,
Pour nourrir l'âme des visiteurs de Solan.
Qu'elle est unique cette vie,
A regarder les secondes s'enfuir,
Et comme extérieur au Monde,
Prendre conscience du temps éphémère.
Qu'elle est troublante cette vie,
A essayer de donner du positif aux autres,
Et souffrir de les voir continuer
Inexorablement à se perdre.
Qu'elle est palpitante cette vie,
A recevoir des bribes d'intuition,
Et en faire des bouquets d'enthousiasme,
Pour construire demain.
Qu'elle est belle cette vie,
A triturer les étoiles,
Et voir dans ces tracés
La folie des Hommes de Bien.
Elisabeth Freund-Cazaubon
HAVRE...
Havre de paix, havre d'amour
Voici la vie qui rayonne en ce jour...
Aujourd'hui, j'aspire enfin à m'arrêter
Délire passager de mon âme envoûtée
Je vais laisser vagabonder mon esprit
Et jeter l'ancre vers mes rivages choisis
Mon corps sage est un havre d'amour
Dans la fièvre d'un nouveau beau jour
Mon esprit pur est un havre de paix
Dans cette troublante envie d'aimer
Des pensées prêtes à vous tourmenter
Tourments délicieux qui font tant rêver
Pour des pensées rebelles, capricieuses
Et un tas d'idées folles et audacieuses
Marie Attela
L'AMOUR S'INVITE...
L'amour s'invite, tout d'abord méfiant,
On le laisse entrer ou pas,
Puis il joue d'audace et s'invente, confiant.
Il naît étincelle puis flamme,
Réveillant le corps et l'âme,
Qu'on entretient ou pas...
Plus rassurant, il se déclare
Comme pour le début d'une histoire ;
Et c'est alors qu'il se décide enfin
Et se livre, plus confiant et serein
Et ainsi se ravivent l'envie, le désir.
Et c'est à notre bon gré, notre bon plaisir ;
Et c'est l'expérience de vie qui guidera nos pas
Sur ce que l'on en fera.
- M. Attela












