J'AI PEUR DU BONHEUR
J'AI PEUR DU BONHEUR
Le seul bonheur que j'eus me l'apporta grand-mère ;
Venait dans ses récits - pas encor ceux d'Homère,
Un prince aux cheveux bruns comme j'aime, bouclés,
Délivrant sa princesse en plusieurs tours de clés :
Tout à coup l'existence affleurait, moins amère ;
S'écoulèrent les jours, mais que de démêlés !
Heureusement dehors m'attendait la nature
Aux suaves parfums de cheveux déroulés
Alors que m'importaient les maux d'ère future !
"Mais il fallut quitter les genêts et les monts"*
Avant que de partir pour une autre aventure
Où m'attendaient la vie et ses horreurs sans nom,
Sans me dire un seul mot d'un monde mercenaire,
Douce, patiente contenant mes démons :
Si mon Prince s'en vint, me l'envoya Grand'mère...
Germaine CARTRO
* vers d'une poésie apprise enfant
LA TERRE MÈRE
LA TERRE-MERE,
LA TERRE-MERE est en colère
Car quelques-uns de ses enfants
Pour assouvir leurs vils penchants
Nous jugent dignes des galères !
Elle voudrait tant nous choyer :
Du pôle Nord au pôle Sud
De la bêtise l'on exsude :
L'on n'en finit de la piller !
Notre chétive itntelligence
Nous privera de nos acquis !
Nous pourrions à des jeux exquis
Jouer sans prêter allégeance
A celui-là, plutôt celui
Qui veut nous tirer des ornières,
Non ! Ne nous plaisent ses manières !
Un gandin reste favori !
Sur la terre que de beautés
Attendent qu'on les entrevoie
Et qu'on fasse des feux de joie
Avec ces pantins exaltés !…
Germaine Cartro le 01/07/17
ESTIVALE DU LIVRE
Pour la première fois cette année, au Salon du livre de novembre s'est ajoutée une présentation d'ouvrages d'auteurs régionaux, l'Estivale du livre. Notre délégation SPAF Midi-Pyrénées s'est fait une joie d'y participer, grâce, comme d'habitude, à l'actif dévouement de Roselyne Morandi, qui en a d'abord conçu les affiches:
Temps plus gris qu'ensoleillé - mais doux... quand le vent tombait! Agréable décor de la cour, embellie par sculptures et tableaux qui serviront de cadre aux diverses interventions.
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Sculptures de Marieke et tableau de Roselyne Morandi. |
Au premier plan, tableaux d'Anne-Marie Forestier. |
Certes, on aurait pu souhaiter encore plus d'affluence, mais les échanges furent riches, que ce soit entre visiteurs ou entre auteurs.
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Vue d'ensemble. |
Ô temps! suspends ton vol... |
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Mystérieux colloque. |
Visite d'une fidèle des Dimanches en poésie, Monique-Andrée Belmont. |
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Visite d'un Breton, Michel Léon, accueilli par Roselyne Morandi.
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Quand prose - Gabriel Sandoval - et poésie - Aline Muscianisi - font la paire... |
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Chacun sa table: Richard Maggiore avec son recueil et les publications de la SPAF... |
... Gérard Pinson, chargé de veiller provisoirement sur les œuvres de Monique Roussel (qui prend la photo!). |
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Échanges avec les visiteurs. |
Échange entre poètes. |
Au milieu de la journée, pause bienvenue d'abord autour d'un apéritif, puis à l'auberge espagnole où chacun déballe ses petits trésors gustatifs: melons, tomates cerises, omelette espagnole ou non, cake salé ou sucré, gâteaux variés, et -Tarn oblige - vin de Gaillac.
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L'heure apéritive. |
Une auberge espagnole bien achalandée... |
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...et des plus joyeuses. |
Fin d'agapes.
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L'après-midi, récital de lectures et de musique parmi les statues:
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Poésie avec Aline Muscianisi... |
...avec Pierre Gabarra... |
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...avec Michel Léon... |
... ou encore Monique Roussel. |
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Mais aussi prose avec Gabriel Sandoval, qui lit un extrait de son livre Tous les peintres espagnols ne s'appellent pas Picasso... |
...avec Pierre Rudent... |
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...et avec un conte pour enfants de Ghislaine Rudent.
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Sans oublier, à la flûte, Delphine Surun, qui joue J.S. Bach et C.P.E. Bach...
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... ni, bien entendu, Roselyne Morandi, qui non seulement participe au récital mais veille à tout son déroulement, et qui donne rendez-vous aux amateurs pour le prochain dimanche en poésie, le 20 août.
Photos de Richard Maggiore, Roselyne Morandi, Aline Muscianisi et Monique Roussel.
REMISE DES PRIX 2017
Le samedi 24 juin, les lauréats du concours organisé conjointement par la délégation Midi-Pyrénées de la S.P.A.F. et l'association toulousaine Philémon ont reçu leur récompense. Certes, tous n'avaient pu être présents, devant parfois venir de loin, mais ceux qui se sont rassemblés dans la salle aimablement prêtée par la municipalité de Toulouse dans la Maison de la Citoyenneté ont partagé un bien agréable moment, dont les photos qui suivent ne peuvent donner qu'un aperçu muet: la distribution des prix s'est accompagnée de la lecture des textes les plus appréciés par le jury.
Une table prometteuse. Le jury au complet.
Monique Saint-Blancat et Richard Maggiore, Un auditoire attentif.
responsables de Philémon et de la S.P.A.F.
Midi-Pyrénées.
Sylvie Raymond, grand prix, reçoit des Elle lit l'un des poèmes qui lui ont valu
mains de M. Francis Grass, adjoint chargé d'obtenir ce grand prix.
de la Culture, la médaille de Toulouse
gravée à son nom.
Gérard Muller, responsable du concours, Adolfo Ajauro Rosado, primé pour sa
remet son prix à Yvonne Nave, lauréate nouvelle, a préféré en confier la lecture
dans la catégorie "Sonnet" (forme exigeante à sa collègue de travail, venue l'accompagner,
s'il en est). et qui a elle aussi participé au concours.
Pour les lauréats absents, divers lecteurs prennent en charge les textes récompensés:
Les quatre lauréats présents: Adolfo Ajauro Rosado, Yvonne Nave, Sylvie Raymond et Enora Cudenec.
(On peut retrouver le palmarès ici).
Photos: Richard Maggiore et Gérard Muller
COLÈRE
Colère
Dans les méandres de mon ventre, sourde Colère
Dans mes tripes, tortueuse Colère
Labyrinthique Colère, où je me perds.
Venant de l’intérieur, des objets pointus
Me pourfendent et m’écorchent
Surtout, que personne n’approche !
Ma Colère dangereuse tue.
Elle blesse, elle assassine
Fait de moi, sa première victime.
Querelles intestines entre moi et moi-même
Elle est là, la Colère, et je suis en guerre.
Colère métallique, mécanique infernale
Comment sortir de ce dédale ?
Je me taillade, je me condamne
Me passe sous le fil des lames.
Me coupe, me dissèque et me perce
Dans mon odeur de sang, je me dépèce.
Ainsi à vif, je m’offre à la Colère
Comme sur l’autel d’un sacrifice.
Qu’importe, je suis déjà morte à l’intérieur
Consumée par l’acide, cuite dans ma bile
La digestion des Dieux sera facile.
Oh la douleur troublante
Et la souffrance lente
Dans mon cœur…
Les fers chauffés au feu, rouges et anthracites
Leurs morsures brûlantes piquant ma peau
Il ne reste plus de moi que le fauve, l’animal,
La bête qui a mal
Et qui montre ses crocs.
La Colère me terrasse, elle gagne toujours.
Toujours ?
Je voudrais être celle qui s’est relevée
L’offrande, ouvrant les yeux, qui s’est échappée.
Verser des seaux de pluie sur cet incendie.
Me laver du fracas, des cliquetis d’épées
Retrouver la tendresse
D’un bébé juste né.
Dorothée Alliot Gonçalves
AGNELLE
Agnelle
Et bébé
qu’est-ce que tu fais là ?
De chair et de laine
Une vierge des bois !
Si pure, translucide
Je ne t’attendais pas.
Tu grimpes dans les arbres
Et te pends aux branches
Ivre de gaieté
Dans ta robe blanche
Dévoilant si fragile
Ta peau de pétale
Jeune brebis folle.
De feuillage et de bois
Tu te fais des couronnes
Jeune reine
Tu m’as choisi pour roi
Sur une couche de brindilles
De mousse et de lichen
Tu m’attends sereine
Et moi, si fébrile.
Agnelle de velours
Je grave des je t’aime
Et des mots d’amour
A l’écorce des chênes.
Amoureux malhabile
Je chancelle vers toi.
Dorothée Alliot Gonçalves
ANIMAL
Animal
Sauvage, je te regarde de loin
Je t’observe, t’examine
Hume ton odeur
Toute antenne dehors
Je sens et devine
Ton humeur
Sauvage que je suis
Tous mes sens en alerte
J’écoute
Si calmement tu respires
Ou si tu halètes
Je ne fais fi de rien
Je fais feu de tout bois
Tout est signe pour moi
Les cinq sens en éveil
Dorothée Alliot Gonçalves
À MA GRAND-MÈRE
A ma grand-mère
A ma grand-mère
L’orpheline déracinée
A sa souffrance, à sa misère
A son exode, à ses valises
A ses rêves oubliés.
Aux histoires de son enfance
A ses berceuses qui se balancent
Encore sous mes paupières
Et que parfois je chante.
Ah, ces complaintes lentes
Des femmes qui ont trop travaillé
Comme Mémé
A ma grand-mère
Dont je porte le prénom
A sa force, à sa lumière
A ses pardons
A ses renoncements
A son regard d’enfant.
Aujourd’hui si vieille
Elle souffle le printemps
Me donne le goût d’y croire
De cultiver l’espoir
Elle qui a tant semé
Mémé
Dorothée Alliot Gonçalves
LAURÉATE
Notre adhérente, Martine Gava-Massias, a obtenu le prix de poésie libérée au concours organisé par la Compagnie des écrivains de Tarn-et-Garonne. Sa récompense lui a été remise à Montauban, dans la Cave à Lire de la librairie Deloche, le 9 juin dernier.
Marilène Meckler (à droite), responsable du concours, en compagnie des trois lauréats.
La Dépêche du Midi, édition du Tarn-et-Garonne, a publié le 27 juin un article évoquant cette remise de prix :












































