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SORÈZE 2014

Publié le par spaf mp

 

À LA UNE

À LA UNE

 

Comme les années précédentes, la délégation Midi-Pyrénées de la SPAF participait en nombre au salon du livre de Sorèze (81), à l'invitation de M. Albert Mamy, maire de la ville, d'Anne-Marie Denis, responsable de l'ADACS, et de Roselyne Morandi, déléguée départementale de la SPAF pour le Tarn:

SORÈZE 2014

 

Les auteurs attendaient, tout sourire, le public qu'on aurait pu espérer plus étoffé... Peut-être la grisaille, le vent, l'habitude émoussent-ils la curiosité... L'offre, pourtant ne manquait pas de diversité:

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

 

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

 

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

 

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014 

 

SORÈZE 2014

 

Heureusement, après la traditionnelle dictée, le récital rassembla de fidèles amateurs de poésie, et peut-être de nouveaux adeptes! Le thème choisi, "Hommage et mémoire", permettait à chacun de célébrer aussi bien les poilus de 14/18, que les morts d'autres guerres ou les artistes maudits, ces "étoiles filantes" selon le mot très juste d'une participante.

SORÈZE 2014

 

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

 

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

SORÈZE 2014

 

Photos R. Morandi, R. Maggiore, A. Muscianisi, R. Meckler.

 

  

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1er PRIX POÉSIE CLASSIQUE FORMES FIXES

Publié le par spaf mp

                   Sonnet

Le murmure des pierres

  

 

Depuis les temps jadis, l’homme suit son chemin

Adaptant le parcours à ce qui l’environne.

Oratoires perdus, châteaux de la Couronne :

Bruissent les secrets au cœur du parchemin.

 

Pont, arène, aqueduc, tout vestige romain

Nous émerveille encor, le chef-d’œuvre plastronne.

Dominant tous les toits un clocher fanfaronne :

L’outil du compagnon priait Dieu par sa main.

 

Parole du silex venant du fond des âges,

Quand le rêve s’enfuit sur d’anciens paysages,

Des propos indistincts s’envolent vers le ciel.

 

Sous nos pas fatigués, entrouvrons les paupières,

Le pavé de la route apprend l’essentiel.

Écoutons dans le vent le murmure des pierres !

 

Yvonne Nave

 

 

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2ème MENTION POÉSIE CLASSIQUE

Publié le par spaf mp

 

Le poisson rouge

 

 

Que faisons-nous dans l’univers
Tournoyant au sein de l’espace ?
Bien des commentaires divers
S’embrouillent au cœur d’une impasse.

Du singe à l’homme triomphant
Jusqu’à notre monde-planète,
Avec le temps que l’on pourfend
Tout se perd dans la devinette.

Pour un regard sur l’infini
Nous chaussons de grandes lunettes,
Scrutant le ciel tel un banni,
L’espoir au bout de nos lorgnettes.

Si la terre était un bocal
Nous y serions le poisson rouge,
À l’affût d’un son musical
Dans cet azur où rien ne bouge.

 

Yvonne Nave

 

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2ème PRIX HUMOUR

Publié le par spaf mp

2ème Prix en section Humour

 

Les Grêveurs

 

Sieur Vhô attendait impatiemment dans son grand bureau. Il tapait frénétiquement ses doigts sur le bois du meuble. Soudain, on frappa à sa porte et les deux silhouettes qu’il espérait tant voir apparurent enfin. Les deux hommes pénétrèrent dans l’immense pièce et, le visage fermé, prirent place parmi les sièges vides.

— Alors ? s’agaça le patron, où en est-on ?

Les nouveaux arrivants se regardèrent, le teint pâle.

— Elles refusent de reprendre le service, répondit Ypo Phryse la tête baissée, elles ont voté la grève.

— Mais c’est pas vrai ! Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elles veulent ?

— Elles disent que leur condition de travail est trop précaire et qu’elles ne peuvent plus assurer la reproduction dans pareille situation.

Sieur Vhô se tourna vers l’autre collaborateur, demeuré silencieux.

— Et toi, Ypo Thalmamusse, confirmes-tu cette version ?

— Oui, Sieur. Les mêmes propos m’ont été rapportés.

Le patron souffla, excédé.

— Comme si je n’avais pas assez de problèmes à régler comme ça entre le service Intestinal et la malbouffe, le service Immunitaire et toutes les pourritures qui nous viennent de l’extérieur (avec un investissement assez coûteux dans les filtres respiratoires), et je suis blindé de réunions avec Cero Tornine, Norey Pinay-Phryne et Doppa Mine pour fermer le service Dépression ! Vous voulez que je vous dise ? Eh bien le service Utérin me fait drôlement chier, voilà ! Ca fait quinze ans que ça dure, quinze ans qu’elles bossent sans rien dire et il faut qu’aujourd’hui ça n’aille plus. Pile en ce moment !

— Vous savez, se risqua Ypo Phryse, l’entreprise vient de traverser une crise existentielle particulièrement difficile. Il est peut-être normal que tous les problèmes se présentent dans le même temps.

— Je le comprends bien ça ! Mais il y a quatre ans, pour anticiper tout problème, nous avions décidé de réguler le service avec une nouvelle organisation du travail, le fameux « Plan Contraception », une organisation beaucoup moins fatigante, beaucoup moins contraignante et beaucoup plus flexible ! Mais il faut croire que la pilule n’est pas passée car le plan a été arrêté quelques mois plus tard seulement.

— Si ma mémoire est bonne, intervint à son tour Ypo Thalmamusse, le plan ne s’adaptait pas bien au fonctionnement du service. L’effet a été inverse à ce que nous nous attendions. A mon sens, l’arrêt a été plus efficace.

— Non, non, vous ne me ferez pas croire ça ! Le « Plan Contraception » est appliqué dans des millions d’entreprises et fonctionne à la perfection ! Notre société est tout à fait normale, n’a aucun problème particulier et du coup, à part de la mauvaise volonté, je ne vois pas d’autres explications à cette soi-disant inadéquation. J’ai déjà été PDG vous savez, je n’en suis pas à mes premiers essais et, dans une autre vie, j’étais à la tête d’un homme tout à fait équilibré, avec lequel je n’ai jamais eu aucun problème avec le service Prostate ou Spermatique ! Le service Prostate a commencé à rencontrer quelques difficultés au bout de soixante-dix ans d’existence ! Soixante-dix ans ! Contre vingt-sept présentement ! Nous avons mis en place le « Plan Viagra », et tout c’est très bien passé ! Le service en était ravi ! J’avais Endo Rephine tous les jours dans mon bureau qui venait me remercier ! Là, je le vois plus beaucoup lui. A la place, j’ai l’impression de devoir toujours discuter avec vous !

Les deux collaborateurs avaient un air désolé.

— Comprenez-moi ! Entre la mise en place du service, assez fastidieuse les premières années, avec des cycles de reproduction assez irréguliers… d’ailleurs je ne sais pas pourquoi j’ai voulu le faire démarrer aussitôt, je me serais épargné des neurones blancs… mais passons… donc entre la mise en place du service, l’externalité négative qui nous est tombée dessus et qui emmerde tous les services (surtout les Seins et l’Esprit) car, oui, on n’avait pas anticipé, dans nos prévisionnels, que la production du service Utérin nous boufferait autant de ressources énergétiques, le « Plan Contraception » qui a été rejeté et maintenant une grève ! Est-ce qu’elles se rendent compte que je suis soumis à une hiérarchie, que je dois respecter les règles édictées par l’Etat de Nature ?

— Elles vous traitent de « despote », dit Ypo Phryse.

— Ah ah, la bonne blague ! s’écria Sieur Vhô, vous leur direz, mon cher Phryse, qu’on est tous la victime de quelqu’un ! On frise le ridicule là !

Le patron se leva de son siège et desserra sa cravate.

— Il faut que je me calme car je n’ai qu’une envie là, c’est claquer la porte ! Et il ne serait pas bon que je le fasse, n’est-ce pas ? Cette pauvre entreprise en perdrait sa tête.

Alors qu’il parlait, il avait commencé à faire quelques pas dans son bureau. Phryse et Thalmamusse n’osaient interrompre ces va-et-vient. Ils semblaient avoir leur effet car, au bout de quelques minutes de silence, Sieur Vhô se rassit enfin et demanda d’une voix calme et posée :

— Maintenant que vous m’avez rapporté les plaintes, le service vous a-t-il dit les améliorations qu’il voudrait ?

— Les ouvrières ont manifesté le désir de parler directement avec vous, répondit Ypo Thalmamusse. Pour l’heure, elles ne veulent plus traiter avec nous.

Une grosse veine gonfla sur la tempe du PDG. Il soupira.

— Qu’on organise alors une rencontre, finit-il par articuler.

 

Après une semaine d’organisation, on parvint à se mettre en accord sur une date, ce qui constituait déjà une première étape non négligeable. Le jour des négociations arriva à son tour et autour de la table on était nombreux. Sieur Vhô, en tant que PDG, présidait la séance et déclara son ouverture. La parole fut donnée au service Utérin, représenté par trois de ses plus hauts membres : Mata Ovari, qui gérait les activités ovariennes et folliculiennes, Falliopée, qui avait pour charge l’acheminement de l’ovule avec ces machines en forme de cornes, appelées « Trompes » et enfin, Luther Usse, qui était responsable de l’endomètre. Ce fut Mata Ovari qui prit la parole en premier.

— Je suis responsable des deux filiales « Ovaires », Ovaire Ire et Ovaire Zère, depuis bientôt quinze ans. Il y a eu quelques ratés au début mais ceux-ci ont vite été corrigés.

Sieur Vhô leva les yeux au ciel.

— Si vous commencez comme ça, Sieur, je ne sais pas comment cette réunion va se terminer. Si nous faisons grève après autant d’années de loyaux services, c’est parce que la situation n’est plus tenable ! Mais si vous réagissez de la sorte, dîtes-vous que vous n’êtes pas à l’abri d’actes de vandalisme et que des machines, ça se ligature très facilement ! Et Ovaire Ire et Ovaire Zère, ce sera over !

— C’est bon, j’ai compris, la coupa-t-il. Continuez, je vous écoute.

— Bien. Donc, je disais que nous avions toujours été fidèles au poste, malgré quelques petits problèmes organisationnels lors de la mise en place du service et que nous ne reculons devant aucune tâche. Le problème est, qu’aujourd’hui, nous travaillons dans un environnement de plus en plus défavorable à la bonne production de l’ovule.

— Je ne comprends pas de quoi vous vous voulez parler. Nous avons toujours beaucoup investi dans le service Immunitaire et l’environnement dans lequel vous travaillez ne peut être plus sûr.

— Je ne parle pas de l’environnement physique mais psychologique.

Il y eut un silence d’incompréhension, mais aussi de grande curiosité.

— Oui, Sieur, vous m’avez bien entendue : l’environnement psychologique est précaire. Nous estimons n’avoir pas toutes les ressources nécessaires pour mener au mieux notre mission.

— Dix jours par mois vous bouffez toutes les ressources énergétiques de l’entreprise ! Le service de l’Estomac fonctionne quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant cette période ! Les employés se bousillent le doigt à appuyer sur les interrupteurs « Faim » ! Sans cela, l’entreprise n’aurait pas assez de jus pour pouvoir fonctionner !

— Je vous parle d’autres ressources autrement plus importantes, qui donnent à notre mission un sens existentiel beaucoup plus profond !

— Je ne comprends rien… soupira le PDG. Bon, que demandez-vous ? Ca me permettra peut-être de mieux cibler le problème.

— Nous demandons – et je parle au nom de tout le service Utérin – une augmentation des marques d’affection, une augmentation du nombre de « Je t’aime », ainsi qu’une augmentation du nombre d’orgasmes…

Une vague de protestations parcourut la table.

— Demander plus d’orgasmes c’est comme demander l’immortalité, chuchota le chef du service Cynisme. Tout bonnement impossible.

— C’est scandaleux ! s’exclama le chef de la section Raison, n’est-ce pas un moyen de demander la Ménopause et de partir en retraite anticipée ! J’applaudis votre professionnalisme !

Mata Ovari était restée très calme et avait rétorqué au mouvement de désapprobation qui s’était élevé :

— Sans cela nous ne reprendrons pas le travail.

Falliopée prit la suite de sa collègue :

— Ce n’est pas un moyen pour nous d’échapper à notre rôle…

— Oui, la retraite à soixante ans est un luxe de nos jours ! s’écria la chef du service de l’Envie

— Mais, continua Falliopée sans se préoccuper de la remarque qui venait d’être proférée, nous ne pouvons pas accepter n’importe quelle délégation Spermatique dans nos locaux et se risquer de devoir travailler avec une qui serait opposée à notre charte éthique. Comprenez bien que nous sommes la seule unité à pouvoir concevoir un être humain, et un être humain de plusieurs kilos. Il n’y pas plus grosse production dans cette entreprise que celle que nous sommes destinés à réaliser !

— Je vous trouve bien prétentieuse Falliopée, intervint le chef de la section Humour, vous sous-estimez le service Digestif de M. Alain Testin.

— Je vous écoute depuis tout à l’heure, enchaîna Sieur Vhô, et je me rends compte que votre requête nous est extérieure. Si je pouvais vous accorder cela, ma foi, je le ferai volontiers, mais je suis à la tête de mon entreprise, pas de celle des autres.

— Justement ! répliqua Luther Usse, il faudrait investir dans les études de marché et dans le service du Discernement, pour que nos choix en matière d’amour soient plus rentables, pour que nous ne nous angoissions plus d’accueillir des délégations Spermatiques.

— Oh ! Mais nous sommes à la recherche de l’Amour Vrai, M. Usse, répliqua la responsable de la section Sentiments.

— J’imprime pas, répondit Luther, qu’appelez-vous « Amour Vrai » à la fin ? Parce que nous nous parlons d’un amour capable d’engendrer le désir d’enfant, sa conception et son éducation. Or, moi, dans ce que je sais, votre service semble énormément travailler avec celui de l’Illusion, et ça, ça va nous foutre en l’air notre unité ! C’est pour ça que plus de moyens doivent être accordés à la section du Discernement ! Et plus d’études de marché doivent être réalisés pour que nos choix en matière d’hommes soient optimaux !

— Ils le sont ! se scandalisa la responsable de la section Sentiments, nous recherchons le Prince Charmant, M. Usse, et des études de marché ne nous aideront en rien pour le trouver !

— Non mais c’est comme l’orgasme ça ! s’énerva le chef de la section Cynisme, ça n’existe pas ! Soyons raisonnables un peu ! Dîtes-leur vous !

Il venait de s’adresser à l’unité de la Raison qui, au milieu de tant d’agitation, transpirait abondamment derrière ses lunettes et avait grand mal à se concentrer. Il tenta maladroitement de sortir les quelques statistiques qui lui restaient en tête sur la probabilité de trouver un conjoint selon son origine sociale, son niveau d’étude et son âge, mais sa voix faiblarde se trouva rapidement engloutie par la dispute qui venait d’éclater. Au milieu de cette cacophonie, le responsable de l’horloge biologique, Quasimodo Rateur, tenta de s’imposer :

— C’est bien beau de faire la cosette là, mais si le service Utérin ne fonctionne plus, je les fais sonner quand mes cloches moi ?

Mais ce fut vain. La question mourut, étouffée, écrasée par les insultes qui fusaient de part et d’autre de la pièce avant même d’avoir pu atteindre une seule oreille. Et la veine temporale de Sieur Vhô n’en finissait plus de grossir. Excédé, il finit par interrompre tout ce chahut d’un coup violent sur la table.

— Puisque nous ne parvenons pas à nous entendre aujourd’hui, je propose qu’une réunion soit réorganisée dans vingt-huit jours et que nous fixions, à ce moment-là, de nouvelles règles.

 

Maeva RAJAONAH

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3ème MENTION POÉSIE NÉO-CLASSIQUE

Publié le par spaf mp

Le souhait

 

Ah je voudrais toujours demeurer une enfant !
Croire aux contes de fées et au prince charmant !
Que la vie est un clown face auquel on peut rire,
Face auquel le chagrin se transforme en délire ;
Qu’en trempant mes deux pieds dans l’eau chaude du bain
Une queue de poisson apparaîtra soudain ;
Qu’il y a sous les lits, tapis dans leurs cachettes,
Des monstres effrayants repoussés par les couettes.

Imaginer m’enfuir pour chercher un trésor
Et troquer mon cochon contre des lingots d’or,
Me défendre en guerrière avec des sarbacanes,
M’endormir sur le bois de petites cabanes,
Rêver de devenir pompier ou médecin
Pour éteindre des feux et créer un vaccin ;
Diriger un navire, en être capitaine,
Et prendre pour boussole une étoile lointaine.

Penser que les lapins naissent dans un chapeau,
Que le renne à Noël, en tirant le traîneau,
Transporte les jouets toutes les fins d’années,
Des hauts sommets lapons jusques aux cheminées ;
Que les rêves parfois, qui viennent au sommeil,
S’échappent de la nuit et restent au réveil ;
Que la mort est pareille aux robots immobiles,
Qu’il suffit de monter au Ciel mettre des piles.

Ah comme je voudrais n’avoir pas à grandir !
Devenir une adulte au regard sans plaisir !
Me lever tous les jours et, le visage blême,
Regarder chaque chose et y voir un problème !
Ah si mes vœux dedans s’accomplissaient dehors,
Si je pouvais choisir, je souhaiterais alors
Que mon âme demeure à jamais ingénue,
Car l’illusion vaut mieux que l’illusion perdue.

 

Maeva RAJAONAH

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2ème PRIX FORMES FIXES BALLADE

Publié le par spaf mp

LA ROSE

 

 

J'ai dérobé dans un jardin,

Pour vous ma princesse, une rose,

Que Dieu pardonne ce larcin,

Ou que de mon âme il dispose !

Mon bel amour en est la cause,

Car je ne suis point un voleur ;

Permettez ma chère que j'ose

Vous offrir cette belle fleur.

 

Que son joli rouge carmin

Ravive votre cœur morose,

Qu'il efface votre chagrin,

En subtile métamorphose ;

Afin que le tourment repose,

Que s'envole votre douleur,

Ma tendre et douce je propose :

Vous offrir cette belle fleur.

 

Elle poussait près d'un jasmin

Qui grimpait au ciel grandiose,

C'était un spectacle divin,

Une sublime apothéose,

De la voir à son pied éclose ;

Je voudrais tant avec chaleur

(Que cela ne vous indispose),

Vous offrir cette belle fleur.

 

Oh ! Ma princesse ! De ma prose

Vous dispense, mauvais hâbleur,

Je préfère une simple chose :

Vous offrir cette belle fleur.

 

Dominique KIRCHNER

 

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1er PRIX EX AEQUO PROSE POÉTIQUE

Publié le par spaf mp

 

1er Prix Ex aequo en Prose Poétique

La logique du crabe

 

Assis sur une chaise au bord de la fenêtre, un vieil homme soupire au-dessus d’une lettre. La fatigue le pèse et le temps le presse, il voudrait mettre sur papier cette horde de pensées qui s’agitent en lui. Comme une dernière mission. Comme un dernier espoir. Laisser un peu de lui.

Laisser un peu de lui, sans moi.

Je suis apparu dans son foie comme un embryon apparaît dans le ventre de sa mère. Tout comme lui, j’ai prévenu de mon arrivée en amenant avec moi quelques symptômes. C’est ma manière d’être poli. Cela fait un peu plus d’un an qu’il m’enfante maintenant. Malgré lui. Il a voulu avorter de moi, à coups de rayons invisibles mais sacrément agressifs. Une sorte de milice de la tumeur. J’ai trouvé cela assez drôle. Et mignon aussi. Faire une fausse couche d’un cancer. Il m’a vraiment confondu avec un fœtus. J’ai voulu jouer également. Parce que je suis joueur et un peu susceptible. J’aime bien avoir le dernier mot. Après le foie, j’ai envahi la vessie, les poumons et les os. On m’a opposé un véritable arsenal de guerre. Puis plus rien. J’ai été le plus rapide, le plus fort. J’ai gagné le droit de rester, de m’installer définitivement.

J’en suis bien content. J'aime les victoires.

Dans le corps de mon vieil homme, j’y grossis comme un bébé, quoique peut-être un peu plus vite. Je l’épuise, l’affaiblis. Mais sa main ne recherche pas mon contact. Il me hait. Moi je l’aime bien mon vieux. Je me suis attaché à lui. Puis il me fait de la peine aussi. Alors j'ai décidé de lui faire un cadeau. Pas un cadeau de politesse cette fois, mais un vrai cadeau. Un cadeau de sympathie. Je vais me taire un petit peu. Je vais le laisser écrire sa lettre puis discuter avec Dieu. Je ne sais pas qui est ce Dieu (un ancien camarade de guerre ? un instituteur ? un médecin ?) mais il l’aime bien. Je me rends compte que mon vieux, à part ses viscères, je ne le connais pas vraiment bien.

Puis quand il aura fini, quand sa lettre sera cachetée et son appel télépathique terminé, quand les rayons crépusculaires du soleil viendront tendrement lécher la tapisserie vieillie de son salon, dans une dernière contraction, je le ferai naître à la mort.

 

 

Maeva RAJAONAH

 

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1er PRIX POÉSIE CLASSIQUE

Publié le par spaf mp

1er Prix Poésie Classique

LE VIEIL ORGANISTE

Dans la rue aux pavés mouillés
Que bordent d'antiques masures
Résonnent les grêles mesures
D'un orgue aux accents éraillés.

C'est un instrument d'un autre âge.
Il est branlant. Presque effacé
Son décor jadis vernissé
Evoque un brumeux paysage.

Le pauvre homme qui résigné
Tourne en tremblant sa manivelle
Rafistola d'une ficelle
Son vieux buffet de châtaignier.

De ses deux soufflets asthmatiques
De son cylindre aux clous cuivrés
Peinant par ses tuyaux ouvrés
S'égrènent des sons nostalgiques.

Ils parlent des jours d'autrefois
Quand on goûtait sous les tonnelles
Sur des promesses éternelles
Un frais pichet de vin d'Arbois.

Que de calicots, de lingères
Dans la fraîcheur de leurs vingt ans
Ont fredonné quelques printemps
Ces refrains aux notes légères.

Le ciel semblait alors plus bleu
Imaginant d'autres croisières
On canotait sur les rivières
Rêvant de Joinville à Saint-Leu.

Tendres instants d'insouciance
Liés à de lointains accords
Vous vibrez et reprenez corps
Le temps d'une brève romance.

Les ombres ont fui. Le chemin
S'est estompé. Seule persiste
La larme du vieil organiste
Qu'il essuie au dos de sa main.

Roland-Pierre HUGUET

 

 

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1er PRIX HUMOUR

Publié le par spaf mp

 

1er Prix Section Humour

CIRCUS

Sornet


"L'avaleur n'atteint pas le nombril des aînées !"
Hurlait rouge et jaloux le noir cracheur de feu
Enviant l'appétit du dévoreur d'épieu
Lui qui n'ingurgitait que poudres calcinées.

Dans ce cirque ambulant des luttes acharnées
Opposaient chaque soir l'arracheur de cheveu,
Le dresseur de têtards, le redresseur de pneu
Au dirigeant du chœur des truites saumonées.

Même les poux savants sous leur macaroni
Ne s'attardaient jamais, le spectacle fini,
Lui préférant l'abri du flanc d'un chien de chasse.

Il n'est pas étonnant qu'un jour, du poulailler,
Un aigrefin landais balança son échasse
Sur ces bruyants crétins qui l'avaient réveillé.

Roland-Pierre HUGUET

 

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DANS LA PRESSE

Publié le par spaf mp

La Dépêche du Midi, édition du Tarn-et-Garonne, 30 octobre 2014

DANS LA PRESSE

 

Petit Journal du Tarn-et-Garonne, 28 au 30 octobre 2014

DANS LA PRESSE

 

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