À FLEUR D'ÎLE
A F L E U R D’ I L E
Partir le long des fleuves, s’offrir à la mer
Un soir de brise chaude au parfum de voyage,
Toucher du fond des yeux l’espace doux-amer
Où s’abîment les nuits au sel blanc du mirage.
Glisser à contre-grève à l’ourlet bleu du vent
Pour rêver d’autres ports, pour aimer d’autres terres,
A fleur d’île, là-bas, plus loin vers l’orient,
Se brûler de soleil à d’autres hémisphères.
Migrer vers un ailleurs où le temps n’a plus cours
Quand s’éclaire aux grands ponts des aurores du monde
A la voile éolienne le cœur à demi-jour
Et que se rive au corps l’écume vagabonde.
Partir l’âme nomade et s’enliser au ciel
Nourri du lait marin des jarres océanes,
Bruni de liberté au flux de l’immortel
Et lire au front des jours l’exode en filigrane.
Glisser à contre-grève à l’ourlet bleu du vent,
A fleur d’île, là-bas, plus loin vers l’orient.
Anne-Marie Vergnes