ITHAQUE
SONNET
ITHAQUE,* c’est encor loin ?
Oublions, un instant, l’espace trop étroit
De ce monde vénal, à l’effort, réfractaire,
Pente vertigineuse, indigente, primaire :
Le mal-être sévit, dangereusement croît.
L’illusoire progrès s’annonce comme exploit
Mais il ne peut qu’offrir le sinistre brumaire
Où, chacun se croit libre, ignore l’arbitraire,
Le trouvant obsolète, ennuyeux de surcroît !
Les compagnons d’Ulysse ont perdu l’espérance,
Comme eux, bien loin du port, nous vivons dans l’errance,
Ressaisissons la barre et restons « vent debout » !
Durant notre voyage abritons en nous-mêmes
Le désir d’absolu comme un suprême atout :
Retrouvons en Ithaque un des plus beaux poèmes.
*Symbolise l’espérance
Mireille TURELLO-VILBONNET