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ON NE SAIT PLUS DIRE JE T'AIME

Publié le par spaf mp

 

On ne sait plus dire : je t’aime

   

On ne dit pas assez : je t’aime,

Car le terme est bien galvaudé

Au gré des amours que l’on sème.

Puis, il nous semble démodé.

 

On n’ose plus dire : je t’aime,

A l’autre, par fausse pudeur.

Ce verbe usé est-il le même

Quand il a perdu sa candeur ?

 

On ne sait plus dire : je t’aime,

A l’amant, au père, à l’enfant.

Un même mot est-il l’emblème

De sentiments si différents ?

 

Dire : je t’aime, est-il prudent ?

Pourquoi faut-il qu’on le prononce

Lorsque l’amour est décadent

Et déjà déchiré aux ronces ?

 

On dit parfois si mal : je t’aime.

Amour éphémère et trompeur

Du bout des lèvres, il est blasphème,

Une eau de rose sans saveur.

 

Alors dites-le en silence.

Du fond du cœur, du fond des yeux

N’attendez pas que soit l’absence

Et venu le temps des adieux.

 

  

                Yvanne GIGNAT - Mai  2014

 

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SOIR D'ÉTÉ

Publié le par spaf mp

 

SOIR D’ÉTÉ

 

 

C’était un soir d’été où les roses embaumaient,

Effluves de la terre et ses parfums sauvages ;

Quand la chaleur torride asséchait les feuillages,

La fraîcheur revenue alors les ranimait.

 

C’était un soir d’été dont le ciel constellé

Nous laissait espérer une étoile filante,

S’enfuyant sous nos yeux, comète scintillante,

Lointain monde inconnu qui s’en était allé.

 

C’était un soir d’été où chaque arbre parlait,

Où l’on humait le vent et la nuit sur la terre.

Un espace de temps, un transparent mystère,

Sonate aux mille chants que le souffle exhalait.

 

C’était un soir d’été nimbé de bleu profond,

Dans ce moment tranquille, à l’aura cristalline,

Ineffable douceur et présence câline

D’une nature amie où l’âme se confond.

 

C’était un soir d’été où l’amour pas à pas

Bâtissait son présent, apportait son sourire.

C’était un soir d’été aux reflets de porphyre,

Qui n’était que pour nous : nous ne le savions pas.

 

 

                                             Octobre 2013 – Yvanne GIGNAT

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C'EST L'HOMME

Publié le par spaf mp

 

C'est l'Homme

 

Il s'en allait par les chemins,

En poussant son troupeau d'étoiles,

Vêtu d'espoirs et d'illusions,

La cœur plein de mille soleils.

    Il s'en allait par les chemins.

 

Il s'en allait par les chemins,

Rêvant sa vie, tout doucement,

Vivant son rêve au quotidien,

La tête en l'air, les pieds sur terre,

    Il s'en allait par les chemins.

 

Il s'en allait par les chemins,

Parlant aux arbres et aux oiseaux,

Faisant signe à la tourterelle,

Parfois rencontrant une fleur,

    Il s'en allait par les chemins.

 

Il s'en allait par les chemins,

Content d'un rien, d'un bout de pain,

Pauvre de tout, ne possédant

Que l'univers et le cosmos,

    Il s'en allait par les chemins.

 

Il s'en allait par les chemins,

Cherchant le beau, cherchant une âme

Avec qui pouvoir échanger,

Parler d'amour et de justice.

    Il s'en allait par les chemins.

 

Il s'en allait par les chemins,

Parvint ainsi au bout du monde,

S'aperçut que la terre est ronde.

Déçu de n'avoir rien trouvé,

Il repartit d'où il venait.

    Il s'en allait par les chemins.

 

             Décembre 2013 - Yvanne GIGNAT

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GÉRARDINE

Publié le par spaf mp

 

 

Gérardine

  

Que soit béni le dieu du pipeau, de la lyre!

Pour lui j'affronterai la tâche avec ardeur,

Je poétiserai sans tomber en délire

Pour un "pied" superflu qui se glisse en rôdeur:

L'entreprise est ardue et l'on doit se relire.

  

Je vois sa pureté, et sens comme une odeur

Non pas de sainteté, mais du feu de l'ouvrage.

De la faute à chasser, je perçois la rondeur;

Nuit et jour j'y travaille et je frôle la rage.

  

Je ne dois pour autant céder à l'abandon,

Car cette Gérardine où j'œuvre avec courage

Est un chantier d'épine, et même de chardon.

  

Las, ma vue altérée a besoin d'un collyre!

Je parviens au triomphe, en demande pardon.

  

Que soit béni  le dieu du pipeau, de la lyre!

  

                   Yvane GIGNAT  - Janvier 2012

  

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S.D.F.

Publié le par spaf mp

   S.D.F. 

 

 

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Je n’aurai jamais eu la veine

D’avoir câlin contre son sein,

De faire à « maman » un dessin.

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Le temps de voir le jour – à peine –

Je fus déjà quêtant l’amour,

Et depuis le cherche toujours.

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Pour sa beauté, comme une reine,

Je n’attirai que des pervers,

À peine aima-t-on mes yeux verts !

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Je ne vis fuir, comme la Seine,

Qu’amour fugitif inconstant,

Amour donné, j’en ai eu tant !

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Le seul amour vrai que  j’emmène

Est humblement venu d’un chien,

Car il est fidèle, et c’est bien.

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

J’ai eu, douce chaleur de laine,

L’amour pur d’un enfant indu,

Amour qu’il m’a si bien rendu.

 

Le cœur navré et l’âme en peine,

Je porterai encor la chaîne

D’amour donné, j’en ai eu tant,

Pour le retour, il n’eut le temps.

 

Le cœur glacé, l’âme sereine,

M’en irai vers la vaste plaine,

Seule toujours, dans la détresse

De l’amour parti sans adresse.

 

  •                            Yvanne GIGNAT

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MILLE PRINTEMPS

Publié le par spaf mp

 

MILLE PRINTEMPS

 

 

C’était le Mai d’aurore bleue et de senteurs,

Brins de muguet, prétexte d’une promenade

Dans le sous-bois où le loriot fait son aubade,

Un nuage glissait, léger, sans pesanteur.

 

C’était le mois de Mai, mois des mille printemps :

Ceux qui se sont perdus, ceux de la solitude,

Et ceux que l’on attend, ceux de la plénitude,

Quand la gerbe dorée a mûri en son temps.

 

Ceux que l’on a aimés, les printemps des beaux jours,

Ceux qui chantent au cœur leur romance éternelle,

Souvenirs entraînants comme une tarentelle.

Puis ces printemps fanés que l’on oublie toujours.

 

Chargés de fruits, pliaient les arbres de l’enclos.

Premier frisson d’automne après première sève.

Pomme d’amour et pom’ d’api, que l’heure est brève !

On rêve un peu dans la tiédeur des volets clos.

 

Beau fruit d’amour, velouté comme une caresse,

Fragile fleur dans le verger, coquelicot

Dans champ de blé, comme un baiser sur calicot.

Voici le Mai d’aurore bleue et de promesse.

 

 

 

                                                      Yvanne GIGNAT

                                                           Août 2010

 

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ENCRE

Publié le par spaf mp

   

 

                ENCRE

 

 

De tout, de rien, de mille choses

Qui tissent un monde, d’un émoi,

D’une fleur, d’un chien, d’un sourire

                               Et d’un nuage vagabond,

J’en aurai fait tout un poème.

 

Du vent qui souffle et déracine

L’arbre, le courage et la foi,

Et d’une colère montante

                               Qui aura parfois débordé,

J’en aurai fait tout un poème.

 

De la peur plate qui enchaîne,

De la souffrance refusée,

De tous remords, de tous regrets,

                               De toute une mer d’amertume,

J’en aurai fait tout un poème.

 

 

De toute vie qui se débat,

De la méchanceté humaine,

De la rancœur et du dégoût

                               Et de la haine en anathème,

J’en aurai fait tout un poème.

 

D’un soleil fou qui se dérobe,

D’une attente, jamais la même,

D’une aurore toujours nouvelle                              

                               Et d’un espoir omniprésent,

J’en aurai fait tout un poème.

 

 

De tous ces mots que l’on égrène,

Qui ne furent pas entendus,

De tous ces silences qui hurlent

                               Et qui ont déchiré l’amour,

J’en aurai fait tout un poème.

 

 

                                        Yvanne GIGNAT

 

 

 

 

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CES ANGELOTS

Publié le par spaf mp

 

 

CES ANGELOTS

 

 

Ces angelots dormant au fond des cathédrales,

Sculptés dans la beauté de leur charme enfantin,

Leur sourire est figé dans des fresques murales :

Rêvent-ils de tendresse avant qu’il soit matin ?

 

Bébés blonds et joufflus peints dans les abbatiales

Par quelque Michel-Ange ou pinceau florentin,

Ces angelots dormant au fond des cathédrales,

Sculptés dans la beauté de leur charme enfantin,

 

Peut-être attendent-ils aux heures mariales,

Cette maman ici qui sera leur destin.

Petits anges venus de niches sidérales,

Ils tèteront son lait doux comme le satin,

Ces angelots dormant au fond des cathédrales.

 

                                     

                                                 Yvanne GIGNAT

  

  

 

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OPHÉLIE

Publié le par spaf mp

 

 

OPHÉLIE

 

Glissant dans les roseaux, ton ombre lisse passe.

 

Dans le miroir du lac, se reflètent les cieux.

Un nuage s’attarde, un autre le dépasse,

Mais tu ne souris pas, ton regard est de glace ;

On voit l’indifférence au secret de tes yeux.

La libellule danse un menuet joyeux,

Mais tu t’es enlisée en une folle impasse !

 

Glissant dans les roseaux, ton ombre lisse passe.

 

Un nénuphar fleurit dans tes cheveux soyeux.

Échecs et déceptions, leur défilé repasse,

Ta vie a pris l’envol que plus rien ne surpasse.

Pour toi, les lendemains devinrent ennuyeux,

De mensonge en chimère, alors, tout fut odieux.

Pourtant tu veux dormir, et tu sembles si lasse,

Abandonnée au songe, et ton rêve t’enlace :

Ton pied ne foulera plus les sentiers crayeux.

 

 

                         Yvanne Gignat  Mai 2012

  

  

 

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AMITIÉ

Publié le par spaf mp

 

Amitié

 

Si les amis n’étaient pas là,

Si l’on vivait en solitude,

La vie aurait un air de glas,

Nos fous rires en décrépitude.

 

Si les amis n’étaient pas là,

Si on boudait ce tête à tête,

Adieu paillette et falbalas,

Il n’y aurait pas jour de fête.

 

Si les amis n’étaient pas là,

Quand notre vie est dans la peine,

Rien pour consoler ton cœur las,

Aucune main serrant la tienne.

Si les amis n’étaient pas là,

Si nul ne franchissait la porte,

Le quotidien serait bien plat,

Sans cet échange qu’on apporte.

 

Si les amis n’étaient pas là,

Que tristes seraient nos dimanches,

On n’entendrait plus « les voilà

Mettons vite la nappe blanche ».

 

 

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