DÉPRIME
DÉPRIME
C’est un triste poème
Echappé de mon cœur
Par un long hiver blême
Que la neige parsème
De lugubre rancœur.
Comme le fleuve coule
Pour rejoindre la mer,
C’est la pierre qui roule,
C’est le jour qui s’écoule
Laissant un goût amer.
Comme le soldat tombe
Le soir au champ d’honneur
Sous le bruit de la bombe,
Oh ! Cruelle hécatombe !
C’est le chant du malheur.
Comme, pour une pièce,
Ce maigre bras tendu ;
C’est dans une liesse
Le vautour qui dépèce
Le cadavre pendu.